|
1939 -
L'Occupation (1939-1945)
Jean-Paul Sartres et Simone de Beauvoir se réchauffent au Flore
" Au Flore, nous avons traversé l'Occupation comme un océan,
les éclaboussures des évènements se cassaient sur le bordage".
Henri Pelletier (peintre)
En 1939, Paul Boubal rachète le Café de Flore.
Le gros poêle installé au milieu de la salle est une invitation
aux longues permanences et les écrivains ne se privent pas d'en
profiter. Simone de Beauvoir sera d'ailleurs une des premières
à l'adopter. Jean-Paul Sartre écrit : " Nous nous y installâmes
complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions,
nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous
causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu'à huit
heures. Après dîner, nous recevions les gens à qui nous avions
donné rendez-vous. Cela peut vous sembler bizarre, mais nous étions
au Flore chez nous ".
Autre détail d'importance, sous l'occupation, on ne rencontrait
pas d'allemands au Flore. Sartre invente la philosophie " existentialiste
". Il affirme : " les chemins du Flore ont été quatre ans
pour moi Les Chemins de la liberté… ".
A cette époque, le Flore ressemble plus à un club anglais qu'à
un café, c'est par tables de 10 ou 12 que se réunissent ces copains
de toujours ou de la veille, chacun peut alors s'improviser l'un
des leurs à la seule condition de savoir se faire accepter discrètement
ou brillamment. A cette époque Léon Paul Fargue et Maurice Sachs
y viennent tous les jours. Simone Signoret écrit dans ses mémoires
: " Je suis née un soir de mars 1941 sur une banquette du
Café de Flore ".
L'Occupation, au Flore, avait comme un air de liberté ; la "bande
à Prévert" d'un côté, la "famille Sartre" de l'autre, ou encore
le "groupe communiste" avec en tête Marguerite Duras, Dionys Mascolo,
Roger Vailland, Daquin.
Retour
|