|
Paris,
après guerre (1945-1955)
L'existentialisme s'incarne en une jeunesse ivre de
liberté,
Juliette Gréco, Boris Vian…
L'existentialisme
est à la mode et Juliette Gréco impose son style longiforme. Boris
Vian rédige "le manuel de Saint-Germain des Prés", joue de la
trompette dans les caves, écrit des poèmes, il est de plein pied
dans son époque et en est l'un des acteurs principaux. Saint-Germain-des-Prés
est un lieu de rencontres et d'amitiés, un formidable laboratoire
où chacun propose sa forme, sa couleur, son goût, sa vision de
la liberté, car c'est bien de liberté dont il s'agit, avant toute
chose. Arthur Koestler, Ernest Hemingway, Truman Capote, Lawrence
Durrell sont des fidèles, ils sont tous membres du PCF, le Pouilly
Club de France créé par Boubal, parti anecdotique portant le nom
du fameux vin blanc servi au café. Le patron saluait à midi les
amis surréalistes d'André Breton, et le soir Albert Camus ou les
quatre hussards : Nimier, Déon, Kléber Haedens et Jacques Laurent,
tandis qu'Albert Vidalie et Antoine Blondin engageaient de mémorables
batailles d'œufs durs ( ou frais ) qui éclaboussaient tantôt les
frères Prévert et leurs amis du groupe Octobre, parfois Artaud
ou Vian.
Daniel Gélin et Danielle Delorme sont jeunes et beaux. C'est au
Flore qu'ils abritent leur amour, Jacques Tati les a sûrement
croisés, Sacha Guitry probablement enviés.
|